Au même titre qu’Helloween ou Blind Guardian, Stratovarius est parvenu au fil des ans à se renouveler dans un genre promis à la désuétude au sortir des années 1980, mélangeant des influences de speed metal et de hard rock néoclassique. Pourtant, en un peu plus de 30 ans de carrière, les Finlandais ont rarement traîné en route et auraient pu perdre de nombreux fans s’ils n’avaient fait preuve d’autant de constance au gré de leurs quinze précédents albums, un exploit d’autant plus grand que les changements de musiciens ont été nombreux et qu’on ne trouve plus à l’heure actuelle aucun des membres originaux du groupe.
Eternal ravira à coup sûr une nouvelle fois les inconditionnels tant Stratovarius maîtrise son art : il n’y a qu’à entendre la vélocité des guitares de « Shine in the Dark » ou de « Rise Above It », ou encore le triomphant « My Eternal Dream » en ouverture de ce 16ème opus, pour s’en convaincre. Une flopée de titres plus puissants les uns que les autres viennent asseoir la réussite de ce dernier, que ce soit le vigoureux « Man in the Mirror », l’envoûtant « Lost Without a Trace » ou même l’épique « The Lost Saga », qui le clôt avec grandeur.
Impossible de passer sous silence la virtuosité des musiciens entre qui règne une alchimie palpable, de l’infatigable batteur Rolfe Pilve au claviériste Jens Johansson, en passant par la basse millimétrée de Lauri Porra ou la guitare diabolique de Matias Kupiainen. Le tout pour un résultat des plus digestes, n’en déplaise aux détracteurs du genre. Tout juste regrettera t-on par endroits la faiblesse des paroles, parfois trop naïves, telles que celles de « Shine in the Dark ». Mais si Stratovarius a souvent été imité par de nombreux groupes de power metal par le passé, un constat saute aux oreilles à l’écoute de Eternal : ils sont encore loin d’être égalés.
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