Alexis Djoshkounian, HK pour la musique, fait sa rentrée avec dans son cartable un cinquième album en résultat d'une année de route et d'une autre passée à étudier, biffer et peaufiner les dix chansons de ce présent qui, il est à souhaiter, ne sera pas son dernier.
Dès la réception surgissent en mémoire les fulgurances acides du précédent Les Affranchis qui voyait cet auteur et compositeur fin asséner quelques piques et autres coups, qui au monde politicien, qui à l'univers impitoyable de la chanson. Le disciple de Brassens doté d'un timbre voilé à la Dassin allait-il mordre à nouveau dans le gras des habitudes et valeurs établies ? La réponse est non. Le Dernier Présent offre un visage plus lisse et soigné mais chargé d'une lourde mélancolie inscrite dans les gènes du morceau-titre aux flonflons ronronnants (« Il paraît que le monde va s'arrêter sous peu ») ou du nostalgique « Je reviendrai ».
Le plaisir d'écouter ce débit qui s'emballe est toujours là, au détour d'une charge contre les enfants de Mai 68 (« Fils de ») mais dans l'ensemble trop enfoui sous la couche d'un vernis quelque peu désuet (« Son poète »). D'une intention louable, cette écriture travaillée en profondeur renforce l'aspect classique de chansons aux thèmes plus saillants comme « Princesse de papier » ou « Charité populaire ». Sur fond d'apocalypse, Alexis HK livre un album de facture ancienne, un peu rétro, à la tonalité grave.
© Loïc Picaud / Music-Story