Mat Bastard a fait ses premiers pas dans Carving, formation punk dans laquelle il a pu, avant de faire les beaux jours de Skip the Use, exprimer toute son exubérance et roder son jeu de scène survitaminé. Après avoir glané les honneurs, notamment une Victoire de la musique en 2013 pour le « meilleur album rock de l’année » et publié un autre recueil moins fédérateur, Little Armageddon l’année suivante, les jours de la formation lilloise semblaient comptés. C’est donc sans véritable surprise que les fans du groupe ont accueilli la nouvelle d’une séparation à l’hiver 2016.
Infatigable, Mat Bastard s’est toutefois immédiatement embarqué dans une carrière solo, en même temps qu’il partait s’installer pour quelque temps à Los Angeles. Peu de temps après fleurissait un premier simple nommé « More Than Friends », mélodique et bondissant, donnant l’indice d’une poursuite de carrière dans la veine de Skip the Use. Celui-ci précédait en réalité la sortie de ce premier album, aux contours variés, mélangeant pop assumée, touches electro, funk ou encore disco. Le chant en anglais très maniéré de Mat Bastard demeure l’un des atouts incontestables de sa formule musicale : sa diction précise et rythmiquement souvent audacieuse fait mouche sur des titres a priori anodins, comme le tonique « Shift the Control » ou encore « Dark Light ». Celui-ci souligne l’un des autres points forts du chanteur : sa capacité à accoucher de refrains très mélodiques et hautement addictifs.
L’énergie punk est toujours présente sur des titres tels que « Wild », le furieux « Stay Close to Me » ou encore « Vivre mieux », seul morceau entièrement chanté en français, bien qu’ils soient très prévisibles. Les lourdes guitares de « Shout » sont convaincantes, au même titre que le peu évident « Girls » ou la ballade rock « Stand As One », probablement l’une des meilleures chansons de Loov. Certaines longueurs émaillent la fin du disque, comme les dispensables « No Remedy » ou « Tamachute », ce qui n’empêche pas de dresser un bilan globalement satisfaisant.
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