Après deux EP prometteurs entre comptines électroniques et titres de club hypnotiques (Okey en 2017 et Have Fun l’année suivante), Catharina Stoltenberg et Henriette Motzfeldt, qui composent le duo norvégien Smerz, passent au grand format. Un grand format rempli de petits formats, comme à l’habitude des deux amies d’enfance, qui étalent leurs madeleines (trance, hip-hop, R&B, classique…) sur 40 grosses minutes très conceptuelles, à l’image de l’intro ultra-minimaliste de Max. Believe, à classer quelque part entre Massive Attack et Archive, marque un premier temps fort, suivi de Rain et son riff de violon codéiné, un des meilleurs titres de l’album. Les Norvégiennes, qui ont enregistré sur trois ans à Copenhague, n’oublient pas les clubbeurs sur Hester, hommage délirant à la scène rave des 90’s avec des synthés trance en folie, et un final avec un son de sirène remodélisé comme un écho lointain. On retrouve les synthés de rave sur I Don’t Talk About That Much, cette fois sur un beat juke, sur lequel Smerz superpose un refrain R&B pour conclure une belle leçon d’audace artistique. © Smaël Bouaici/Qobuz