“Arme de main faite d'une lame d'acier pointue fixée à une poignée munie d'une garde”, L’Epée est aussi un carré d’as pas si improbable que ça, composé de la chanteuse et comédienne française Emmanuelle Seigner, de l’Américain exilé à Berlin Anton Newcombe, leader azimuté de Brian Jonestown Massacre, et du tandem perpignanais Marie et Lionel du groupe The Limiñanas. Quatre personnalités viscéralement rock’n’roll, habitées par la sainte Trinité guitare électrique/pédale fuzz/réverbe. Leur union d’un jour baptisée L’Épée (Newcombe aurait rêvé ce nom) est l’impeccable grand-messe du rock 60's, in english et en français, lorgnant aussi bien le Velvet Undergound que les BO obscures et électriques d’Ennio Morricone, les Stooges d’Iggy Pop, les Rolling Stones période Brian Jones, les quincailleries garage américaines comme Music Machine, Shadows Of Knight, Seeds et autres Sonics. On trouve aussi dans l’ADN de cette Épée flamboyante quelques gauloiseries yé-yé comme Françoise Hardy et Ronnie Bird. Une avalanche de références, à la sonorité très typée, qui habillent leurs paroles aussi poétiques que sombres, drôles, décalées ou diaboliques, c’est selon. Surtout, des noms qui ne réservent jamais l’album Diabolique à un club d’initiés érudits en Beatles boots, pantalon cigarette et lunettes noires. L’Épée peaufine son son comme ses paroles, sa production comme ses mélodies pour signer un disque ouvert à tous les boulimiques d’électricité et de rock’n’roll sans concession. L’Épée, ça tue ! © Marc Zisman/Qobuz