Septième album studio de Neil Young, Zuma, paru fin 1975, est une merveille trop souvent sous-estimée. Le Loner accouche d’un de ses plus puissants opus électriques. Dans un rythme lent, parfois pesant, le Canadien et ses sbires s’enferment dans des thèmes oppressants tirés par une locomotive d’acier de guitares titubantes nommée Crazy Horse. Au sein du groupe, Frank Sampedro remplace feu Danny Whitten. Alors que le punk rock s’apprête à dynamiter la planète, Young prouve ici qu’il n’est pas un chevelu somnolant puant le patchouli mais un vrai rockeur toujours aussi virulent. Barstool Blues, Don't Cry No Tears ou le chef-d’œuvre Cortez The Killer (une longue errance sidérante de plus de sept minutes !) sont autant de stupéfiantes randonnées de blues cabossé ou de folk survolté comme seul Neil Young sait en organiser. Sur Zuma plus qu’ailleurs, il magnifie cette patte sonore bien à lui, malsaine et rouillée. Ce son qui fascinera tant et inspirera la scène grunge des années 90… © Marc Zisman/Qobuz