Il y a vingt ans, Féfé et Leeroy s’imposaient au sein du Saïan Supa Crew avec Angela, le tube le plus métissé de notre histoire. Drôles, percutants, libertins juste ce qu’il faut et musicalement aussi pluriels qu’inventifs, cette joyeuse équipe sut pendant une petite décennie renvoyer sur bande passante et écran plasma l’image d’un pays aux multiples brassages et bien dans ses baskets. Après la rupture en 2008, chaque membre du collectif s’en est allé faire son miel de son côté. Féfé a sorti un brelan gagnant d’albums solos aux identités décloisonnées (soul, rap, rock, reggae), fait plusieurs tournées, et même un duo avec Eddy Mitchell. Pas en reste, Leeroy s’est immergé dans les délices de la musique de Bollywood, a célébré Fela Kuti dans un tribute album explosif et décoché sa propre salve de projets où il défie avec une rare finesse lexicale la frontière entre rap et chanson française. Sans manquer d’y inviter à chaque fois l’ami Féfé. De sorte qu’ils n’ont pas eu à cliquer sur Les Copains d’Avant pour se retrouver. Non seulement le lien n’avait jamais été rompu mais il s’était solidifié au fil du temps sous la chaleur d’une admiration réciproque. «Dès que j’entendais Leeroy, je me disais « quel talent ! » s’enthousiasme Féfé. C’est simple, je ne connais personne sachant rapper comme lui, avoir ce genre de délires. C’est dans ces moments là que je me mettais à imaginer un projet commun. » Leeroy de son côté évoque ces rencontres, parfois brèves, fortuites, entre deux portes, où les deux se promettaient de « faire un truc ensemble » sans jamais pouvoir prendre date. « Quand Féfé est arrivé avec son premier album solo se souvient il, j’ai pris une sérieuse claque. Des mélodies inspirées, des flows inédits, des gimmicks innovants, des lignes de basses extra-terrestres! Il a inventé quelque chose qui n’existait pas. Et qui n’existe toujours pas selon moi. Une manière unique de construire des chansons et de les produire.»