Les Dodoz, et non The Dodos groupes de rock expérimental de San Francisco, sont originaires de Toulouse. Tombés dans la grande marmite du rock, après avoir participé à la Star Academy des Inrockuptibles, CQFD, ils se font repérer par un producteur écossais Peter Murray responsable très versé dans le produit français puisque responsable entre autres du son des Négresses Vertes, Silmarils, Elmer Food Beat et autres Dolly. Après un premier album remarqué, The Dodoz (2009) sorti sur un label indépendant, les voici de retour sur une major, Sony avec cette fois le producteur des Arctic Monkeys et des Foals, Mike Crossey venu prêter main forte à Peter Murray.
Groupe de scène, avec une demoiselle en figure de proue, Géraldine de son prénom, on pourrait s’attendre à un son plus garage, plus roots, plus enragé tant la réputation du groupe sur scène n’est plus à faire. Mais c’est comme une tentation pop qui a finalement eu le dernier mot des Dodoz, avec même parfois des intonations étonnement hauts perchées de la demoiselle, comme sur le premier extrait « Ghost ». Les Dodoz aiment que l’on dise d’eux qu’ils forment un gang, c’est la raison de cette unité de son et de cette agressivité non feinte instruments en mains. Agressivité à la Antonin Artaud qui voulait faire réagir son public et non agressivité gratuite, car à force d’ouvrir pour les plus grands, de Franz Ferdinand à Miles Kane en passant par les Babyshambles, les Dodoz savent que le public ne leur est jamais acquis d’entrée de jeu, qu’il se doit d’aller le chercher, et de le convaincre s’il veut continuer à tracer sa route.
Loin de s’enfermer dans une recette, ce deuxième album alterne les rythmes et les tempos, mais opte encore pour la langue anglaise comme seule moyen d’expression. Les anglais disent d’eux qu’ils sont la jeunesse dans sa forme la plus pure, peut-être une référence au fait qu’ils ne proposent jamais des chansons qu’ils seraient incapables de reproduire sur scène. Rock par essence, leur musique propose ici et là quelques escapades dans d’autres territoires mélodiques histoire de ne jamais lasser l’auditeur. C’est souvent audacieux et plutôt réussi, c’est sans doute pour cette raison que le titre de leur album Forever I Can Purr sonne comme une fanfaronnade « Toujours je peux ronronner ». La satisfaction du devoir accompli ?
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