REDSKY

REDSKY

Artiste, Contributeur

* En anglais uniquement


C’est peu dire que Lucas Kelstma, aka Redsky, a la musique dans la peau. Inscrit au conservatoire dès l’age de 6 ans, le jeune Can- nois a fait ses premières armes sur des instruments acoustiques comme le piano, la guitare ou la batterie, avant de se tourner vers l’ordinateur. Après quelques années de solfège, le multi-instru- mentiste se plonge rapidement dans le monde de la nuit en tant que DJ, vend quelques productions à des rappeurs américains via les plateformes Soundcloud et Youtube... Alors qu’il est en- core étudiant, Redsky a un pied dans le monde de la musique. Et les radars se tournent vers lui. Il décide un jour de se lancer derrière le micro : « Le rap, c’est la musique de ma génération, ça me semblait tout à fait naturel d’en faire. » Et aujourd’hui, à 20 ans à peine, Redsky s’apprête donc à sortir un premier EP, Finesse.

Le jeune musicien est représentatif de la génération Y, celle qui a été élevée au streaming. Comme énormément de ceux qui ont grandi face aux écrans, il s’échappe hors des cases, et est autant ca- pable de parler de rap que de Sébastien Tellier, Justice ou Breakbot. Une ouverture d’esprit qui correspond parfaitement à son premier EP, dont les titres s’enchainent sans se ressembler : « Il y a un tube de l’été, de la pop, du rap assez classique, de la trap... J’ai vraiment voulu varier les styles. » Tous ses morceaux gardent pour- tant une patte, quelque chose d’assez unique et reconnaissable. Une ambiance riche et ensoleillée sans doute due à sa ville natale, Cannes, qu’il entend bien placer au centre de l’attention et de la carte du rap francophone.

Et puis il y a l’autotune, l’outil musical le plus décrié de notre époque : « L’une de mes premières claques avec l’autotune, c’était en écoutant Young Thug. Là, je me suis rendu compte de la valeur de cet instrument - car oui, je le vois comme un instrument. Même pour quelqu’un qui a fait de la musique dite classique, comme moi, c’est incroyable, ça permet de trouver des mélodies qu’on ne peut pas atteindre en temps normal ». Au niveau de l’enregistrement, Redsky fait tout chez lui, dans son home-studio. Chose qui ne l’empêche pas de privilégier la qualité à la quantité. Le concept est d’ailleurs quasiment poussé à son extrême chez lui, puisque le titre de l’EP, Finesse, en est directement inspiré : « C’est comme un produit de luxe. ça signi e que tous les morceaux sont précieux et qu’ils ont été sélectionnés avec énormément de soin. »

Désormais, maintenant que son EP est terminé, Redsky ré échit déjà à la suite. Pour ses futurs projets, il souhaite aller dans des studios plus professionnels et, surtout, pense à l’international : « Je parle plusieurs langues, le français, l’italien, l’anglais... Et je trouve ça bête de ne se cantonner qu’à son pays. En plus, il y a eu une époque où le rap français n’était qu’une copie de ce qui se faisait ailleurs, mais là c’est terminé. Je crois que certains sont en passe de créer de vraies choses originales, et j’ai envie de faire partie de ceux-là. »