Après plus de 300 000 exemplaires écoulés de leur premier album homonyme en 2014, Fréro Delavega a décidé de surfer sur la vague en publiant leur second opus rapidement, une petite année après. Lorsqu’on agit de la sorte, mieux vaut donc ne pas être en panne d’inspiration, ce qui est loin d’être le cas des deux amis révélés par The Voice, qui ont ouvert le robinet à idées et semblent dans une phase très prolifique de leur carrière.
Car Des Ombres et des Lumières, dans les grandes largeurs, est tout bonnement épatant. La qualité globale de la production est rigoureusement inattaquable, et la prise de son des guitares acoustiques, des voix et des cordes en particulier se révèle impeccable. La vague passe sur l’auditeur dès le titre d’ouverture, « Un petit peu de toi », avec son refrain accrocheur et ses chœurs originaux. Sur « Autour de toi », l’attention se porte sur les arpèges de guitare électrique, une rythmique chaloupée à la guitare acoustique et un chant en canon envoûtant.
La mise en bouche est à peine digérée que les deux amis servent l’imparable simple « Ton visage », aux discrètes et élégantes sonorités cap-verdiennes, qui bénéficie en outre d’un texte ciselé et d’harmonies vocales de haute volée. Le registre est sensiblement différent sur « Le Cœur des éléphants » où une guitare électrique légèrement saturée et de très belles cordes viennent corser l’écrin folk soyeux bâti jusqu’alors. Tout juste peut-on regretter ce pont un peu trop sucré qui arrive comme un cheveu sur la soupe. « Entre ciel et terre » et « Quand je serai un grand » s’enchaînent en ne semblant former qu’un seul morceau, à l’univers délicat et touchant.
Quelques titres semblent toutefois trop pressés de réciter la formule gagnante de Fréro Delavega, tels « À l’équilibre » ou « Le Chant des sirènes 2 », un peu plus prévisibles et oubliables, à l’inverse de « Mes autres », à la gravité surprenante, du reggae lascif de « Sous les étoiles » ou d’un « Lorena » troublant, même s’il n’est à l’évidence pas taillé pour les charts. Frais et insouciant, poétique par endroits, ce second opus de Fréro Delavega s’impose comme une évidence et démontre non seulement un souci permanent de créativité, mais surtout une légèreté nécessairement salvatrice par les temps qui courent. Une excellente surprise.
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